Lorsqu’elle fut construite, à l’époque romane, elle n’avait qu’une seule nef, délimitée par d’épais murs solides, sans fenêtres qui était recouverte par une voûte en berceau entièrement construite en pierre. La voûte est renforcée par de puissants arcs en plein cintre, qui s’appuient sur des piliers adossés au mur. Le chevet est fermé par une abside semi-circulaire.

Mais au XVIIIe siècle elle fut transformée. Les goûts changèrent et la sobriété géométrique du temple médiéval ne satisfaisait plus ces hommes et ces femmes, qui aspiraient à la rénovation de leur église selon les nouvelles modes que le baroque avait apporté avec lui. Le bon état de la construction médiévale et le besoin de réduire les coûts, poussèrent l’architecte à conserver l’ancienne nef, qui serait encadrée par des moulures, des corniches et recouverte de stuc. Bien que le chevet fut démoli, les fouilles archéologiques ont révélées sont tracé.

Sur la nef médiéval on superposa alors un espace complètement rénové, bien plus grand et avec une grande coupole sur la croisée, qui indique la direction de l’autel.
Il ne fut pas facile de résoudre le problème que pose la rencontre des deux construction là où elles convergent: L’axe de la nef n’est pas aligné par rapport au chevet, leurs hauteurs sont différentes, le tronçon de la voûte est irrégulier...

Cependant l’exubérance de la décoration se fond habilement avec l’architecture, produisant un espace monumental. Les murs intérieurs sont ornés de pilastres cannelés et de puissantes corniches. Des frises hautes encadrent les plafonds, qui furent décorés de moulures formant un encadrement.
Tout cela fut réalisé en stuc, une technique qui consiste à appliquer une pâte de chaux et de plâtre comme revêtement. De plus, avec cet humble matériel habilement colorié, on obtenait des imitations de riches marbres sur les corniches et les plinthes, créant ainsi l’illusion d’un espace intérieur richement décoré et grandiloquent.

À l’extérieur,  il s’agit d’une excellente construction en pierres de taille disposées en rangées régulières, qui sur la partie du chevet offre un aspect massif, compacte et fermé.
Parmi les volumes extérieurs, la jolie tour se dénote, elle est construite toute en pierre, sauf le chapiteau qui la couronne, construit en brique et décoré de faïences.

Sur l’un de ses murs apparaissent deux pierres de taille sur lesquelles sont gravées les dates des agrandissements qui eurent lieu à l’époque baroque.

Ses formes simples, massives et compactes, ne sont pas les plus spectaculaires, mais son dialogue intime avec le paysage et le fait qu’elle continue à accueillir les croyances de nos habitants, lui donnent une grande valeur.

 

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